L’API du mois

Mathieu DOMECQ

Rédacteur en chef de l’API du mois

Les petits instants d’apiculture ne se comptent plus mais voilà déjà une année que vous nous suivez ! Nous sommes heureux de vous présenter votre nouvel article anniversaire API, par Mathieu notre apiculteur.

Ce mois-ci nous avons voulu vous donner quelques pistes sur le piégeage des essaims. Récupérer une colonie dans une ruche sans rien faire, n’est-ce pas un peu comme un cadeau ?

Pour les nouveaux, qui est Mathieu ?

 Mathieu, c’est moi, aujourd’hui apiculteur mais aussi formateur et animateur dans le Tarn où j’ai créé mon exploitation quelques années après m’être lancé dans l’apiculture. Je n’avais que 12 ans.

Depuis, mes activités ont évolué avec l’abeille. Les Ruchers De Mathieu, c’est en plus un magasin d’apiculture en partenariat avec de grandes entreprises comme les laboratoires Pierre Fabre.

Au fil du temps, je me suis mis à écrire mon ouvrage autobiographique – La passion d’un jeune apiculteur – et pleins de conseils, avant d’être sollicité par la marque API pour vous offrir ce moment d’informations apicoles.

Une ruche piège

 Une ruche piège ? Oui c’est le moment d’en installer une sur votre rucher. Elle vous permettra peut-être d’attirer un essaim pour agrandir votre cheptel.

Elle se constitue d’un corps de ruche Dadant 10 cadres ou bien d’une ruchette 6 cadres ainsi que de tous les éléments qui la composent : un plancher, un corps avec des fixe-éléments, une entrée, un couvre-cadres et un toit tôle. Le plus simple reste de prendre une vieille ruche ou ruchette avec toutes ses odeurs !

Pour remplir cette ruche piège, il est préférable de se munir d’au moins deux cadres de cire noircie car ils s’avéreront plus efficaces que de simples cadres neufs ou de cire gaufrée pour amorcer le piégeage. Vous pourrez frotter de propolis ou d’attire essaim les cadres neufs qui composent le reste de la ruche. L’intérieur du corps de ruche est badigeonné d’eau miellée et de propolis. L’odeur de la propolis s’imprègne très bien dans le bois, elle est la principale différence entre une ruche neuve et une plus ancienne. Une fois ces préparations terminées, la ruche est fermée et transportée à l’emplacement choisi pour la capture d’abeilles. Mon conseil sera de la positionner en hauteur dans un arbre, entre 1 et 2 mètres de haut.

Le saviez-vous ?

En général, l’essaim sauvage ira se placer assez haut quand il s’agit d’une vieille reine, tandis qu’une jeune se positionnera à hauteur basse.

Si vous souhaitez placer une ruche piège en dehors de votre rucher, pensez que cette dernière doit être transportable. Préférez une entrée de ruche qui peut se placer en position fermée. Le plancher doit être fixé au corps grâce à des fixe-éléments afin de soulever la ruche sans problème.

Pour ce genre de pratique, j’utilise sur mon exploitation des ruchettes en bois léger avec fond grillagé et munie d’une porte ronde à disque.

Essaim en position sur une branche

Utiliser une vieille ruche

La vieille ruche dégage une odeur plus forte et reconnaissable pour les abeilles. Garder ses cadres cirés même noirs vous aidera à piéger. Ces cadres sont placés au centre du corps en laissant entre eux l’intervalle d’un cadre. Le corps est ensuite complété avec d’autres cadres bâtis. À partir de là, il ne sera pas nécessaire d’appliquer de la propolis à l’intérieur du corps.

Vous avez trouvé la reine ! Elle est verte, ce qui correspond à son âge.

A quel moment le faire ?

Vous placerez les ruches pièges une quinzaine de jours avant la date du début des essaimages. Ces derniers coïncident avec le début de la floraison printanière de votre région, souvent amorcé par les fruitiers. A titre d’idée, cette période commencera début avril pour une grande partie de la France.

Tous les deux à quatre jours par beau temps vous ferez une petite visite pour remettre de l’attire essaim. Une fois un essaim capturé, le piège doit être rapidement enlevé avant que les abeilles ne s’habituent pas à cet emplacement.

Vous avez désormais quelques conseils pour réussir à piéger des essaims en ce début de saison !

Néanmoins si vous êtes débutant en apiculture, je vous conseillerai d’acheter un essaim auprès d’apiculteur éleveur pour suivre un développement normal et garantir sa multiplication. Vous pourrez toujours vous amuser en plus avec la capture, mais patience…

On se retrouve dès le mois prochain sur votre blog  API avec votre fidèle partenaire, Les Ruchers De Mathieu !

Photos ©lesruchersdemathieu

Working bee