L’API du mois

Mathieu DOMECQ

Rédacteur en chef de l’API du mois

 

Ici nos abeilles connaissent un début de printemps particulier. Les gelées sont arrivées sur les fleurs et le miel de printemps va se faire rare ! Mathieu, notre apiculteur vous explique tout ça dans  votre nouvel article API.

Poser les hausses, certaines en profiteront mais quand ? Là aussi nos conseils et astuces pour vous aider.

Un printemps difficile pour nos abeilles

Nous n’avions pas connu un printemps aussi instable depuis longtemps. Sur la plupart des ruchers, les colonies mettent du temps à se développer. L’apparition des hausses se faire rare !

La majorité des apiculteurs ont déjà tiré un trait sur la récolte du miel de printemps. Celle-ci se fait après la floraison du colza, généralement début mai. A ce stade, peu de colonies en ont trouvé le nectar. En cause, les gelées du mois d’avril qui ont coupé la montée du nectar dans les fleurs, offrant peu de miel à nos butineuses.

“Pourtant, la colonie est belle cette année, malgré la profusion d’abeilles le miel n’est pas au rendez-vous pour autant. Les fleurs de printemps ont pris un coup de gelée. De plus, on est sur des terrains assez secs qui manquent d’humidité, le nectar ne monte pas dans les fleurs et l’abeille n’a rien à manger. Les butineuses ne ramènent pas grand-chose à la ruche et elles vident plutôt les réserves à l’intérieur qu’elles ne remplissent”, extrait du reportage que nous avons tournée sur France 3 (à découvrir parmi les liens du mois dans votre blog).

Les fruitiers n’auront pas tous profité de la pollinisation à cause du gel.

Veillez donc aux réserves de miel dans vos ruches car, si certaines vont très bien, d’autres en revanche sont fébriles avec des butineuses quasi sans vie sur les planches d’envol. Un reboost en sirop permettra de leur donner une nouvelle énergie.

Le temps des acacias arrive mais pourtant… la miellée va être rude ! C’est un miel à la fois très prisé des consommateurs et rare. Pour que la floraison de l’acacia se fasse, il ne faudra ni coup de froid ni sécheresse. En effet, la fleur a besoin d’une température de 19°C et une bonne humidité pour être pourvoyeuse de nectar. Vous observerez peut-être les arbres en fleurs mais si les conditions ne sont pas réunies, les fleurs restent fermées et les abeilles n’auront d’autre choix que de  butiner ailleurs. 

Poser les hausses

Vous l’aurez compris, le miel de printemps se fera rare sur le territoire. Néanmoins, après les essaimages, voir pendant, la hausse peut se remplir rapidement sous de bonnes conditions : une hausse peut-être pleine en une ou deux semaines ! Ne ratez donc pas la pose des hausses. Un exercice délicat néanmoins car en la posant en amont, vous risquez de refroidir la colonie, et notamment le couvain, ce qui ralentira la ponte de la colonie. L’espace de vie doit être agrandit au fur et à mesure de l’avancement réalisé par les abeilles. A contrario, en posant trop tard, les abeilles stockeront à profusion le nectar au cœur du couvain, engendrant un blocage de ponte de la reine. C’est à ce moment-là qu’arrive un essaimage de votre colonie.

Vous débutez en apiculture et vous posez une hausse neuve avec seulement des cadres cirés ? C’est normal. Il faudra un peu de temps aux abeilles pour venir occuper la hausse et étirer les feuilles de cire afin de former les alvéoles. Avec des cadres déjà bâtis, et réutilisés de l’année passée, les abeilles n’auront qu’à stocker le nectar et l’espace se remplira naturellement plus vite. Mon conseil serait, si vous en disposez, d’alterner dans votre hausse un cadre bâti et un cadre ciré sur deux. Vous ferez travailler vos abeilles plus rapidement pour profiter pleinement de la miellée.

Construction du cadre ciré par les abeilles.

Enfin rappelons-le, une fois votre première hausse pleine, vous pouvez en poser une deuxième par-dessus et ainsi de suite. En revanche, en zone de culture où le colza est présent, préférez faire une extraction avant mi-mai pour retirer ce miel à forte cristallisation.

Les essaimages naturels

L’essaimage est issu d’une division naturelle de la colonie. Vous rencontrerez cette situation généralement au printemps, entre avril et mai. L’essaim se formera par un trop plein d’abeilles dans la ruche, lors d’une belle journée, en début d’après-midi au moment le plus chaud, et en absence de vent fort.

La grappe viendra se former à hauteur d’homme sur une branche ou une haie. Les exceptions arrivent ! Un essaim venant se fixer très haut jusqu’à 3 ou 4 mètres est souvent signe que la grappe n’a pas de reine ou que celle-ci est âgée, mauvaise pondeuse.

Semblable à un ballon, l’essaim peut peser de 2 à 3kg d’abeilles. Vous serez vite alerté du départ de votre ruche. Un nuage d’abeilles vient alors se former dans le ciel, avec un bourdonnement incessant, puis, tout le monde se pose, tout se calme…

Profitez de ces moments fabuleux pour les matérialiser par une photo souvenir et n’hésitez pas à nous les partager sur les réseaux avec le hashtag : #apifonda #apiinvert !

On se retrouve dès le mois prochain sur votre blog  API avec votre fidèle partenaire, Les Ruchers De Mathieu !

Photos ©lesruchersdemathieu

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