L’API du mois

Mathieu DOMECQ

Rédacteur en chef de l’API du mois

En juin, quand les rentrées de miel se raréfient, il peut être temps de penser de transhumer ses colonies d’abeilles… c’est votre rubrique « L’API DU MOIS ».

Alors que certains apiculteurs sont très satisfaits de ce début de saison, avec de belles récoltes de miel au printemps, d’autres en revanche, voient leurs ruches mourir de faim. On nous parle d’année exceptionnelle ? Non, rien de plus que d’habitude si ce n’est des floraisons plus précoces et un hiver plus doux que nos abeilles ont connues. Il y a des années plus favorables pour les producteurs de miel et, des années plus favorables pour les éleveurs d’abeilles.

Principalement dans le sud de la France, comme chez moi dans le Tarn, nous avons eu peu de miel mais beaucoup de couvains. Si nous ne surveillons pas nos colonies, nous en retrouvons dépourvus de miel ou nectar, entrainant la chute de l’espèce.

Comme chaque fois, voici une petite info sur LES RUCHERS DE MATHIEU pour mieux se connaître…

Parmi toutes les activités apicoles que nous exerçons sur l’exploitation, il y a celle de fournisseur. Nous avons en effet ouvert notre magasin d’apiculture en 2019, dans le centre-ville de Lavaur (Tarn). Ainsi, nous y proposons aussi bien nos miels et produits dérivés mais également l’outillage et le bois, en passant par la miellerie, la cire, ou encore le nourrissement. Une activité qui ne cesse de progresser aujourd’hui, pour rester au service des apiculteurs…

(Abeilles butinant sur une fleur de tournesol après transhumance)
(Abeilles butinant sur une fleur de tournesol après transhumance)

Transhumer ses ruches

Transhumer ses ruches permet de les emmener vers des zones où les végétations sont différentes et plus abondantes. Cela permet de maintenir la dynamique des colonies et de récolter des miels différents sur la saison. L’apiculteur peut ainsi augmenter sa production plus facilement et éviter de nourrir ses colonies en période creuse. Cependant, une transhumance de ruches est une opération qui ne s’improvise pas, demandant de l’organisation. Pour cela, il faut :

– Trouver un nouvel emplacement pour déposer ses ruches.

– Repérer avec précision les ressources mellifères et un point d’eau continu sans danger pour le voisinage.

– Respecter la règlementation en vigueur sur les distances.

– Remercier le propriétaire en lui offrant un pot de miel !

Nous aborderons ici une transhumance adaptée aux petits et moyens apiculteurs.

Préparer ses ruches

Généralement, on réduit les ruches au minimum, comme enlever les hausses vides et donc, éviter un risque de renversement. Remplacer les toits chalets par un toit plat est une préconisation non négligeable. Vous veillerez ensuite à consolider les fixations de la ruche et à emporter le support sur lequel est posée cette dernière.

Dans la mesure où les abeilles ont collé avec la propolis les différents éléments de la ruche, celle-ci devrais pouvoir supporter les chocs. Aussi prudent que soi, une sangle tout autour de la ruche (de couleur pour mieux la voir dans le noir) permettra de garantir le transport.

Pour enlever les ruches, vous attendrez le soir, quelques minutes après que le soleil soit passé derrière l’horizon. On enfume chaque ruche pour les mettre en bruissement, puis, on peut fermer les entrées. Certains apiculteurs voyagent avec les ruches ouvertes. C’est aussi possible, chacun à ses avantages et ses inconvénients : avoir des planchers bien aérés pour laisser ouvert les entrées, mais il ne faut pas les avoir dans la voiture.

Petite astuce :

Une porte en fer équipée de pitons permet en un quart de tour d’être retournée contrairement aux vis… Pour les planchers plastiques, encore plus simple, la porte se clips !

Les ruches peuvent être désormais chargées dans la voiture ou dans une remorque selon ses moyens. Il faudra vérifier qu’elles ne bougent pas trop entre elles.

Arrivé sur l’emplacement, on enfume de nouveau les entrées et on positionne ses supports avant d’y mettre les ruches. Au lever du jour, vos abeilles feront du repérage de plus en plus loin avant de profiter des nouvelles fleurs !

(Positionnement de ruches avec entrées retournées)
(Positionnement de ruches avec entrées retournées)

La ruche Warré

La ruche Warré est un modèle plus proche du développement sauvage de l’abeille. C’est un modèle qui attire par sa petite taille, son format divisible pratique pour faire des essaims… Néanmoins, c’est une ruche qu’il faut surveiller souvent pour éviter de nombreux essaimages et manques de place. Elle peut se travailler en barrettes ou en cadres.

Sur notre exploitation, nous en disposons d’une dizaine, dont certaines installées sur le siège des entreprises Delagnes Manutention, à quelques mètres de butinage du centre-ville de Toulouse.

(Petit moment de préparation des caisses pour faire les essaims.)
(Petit moment de préparation des caisses pour faire les essaims.)

En vous souhaitant un bon mois de juin,

On se retrouve très vite pour la nouvelle API du mois !

 

LES RUCHERS DE MATHIEU

Photos ©lesruchersdemathieu

Working bee