L’API du mois

Mathieu DOMECQ

Rédacteur en chef de l’API du mois

Avec des colonies des plus surprenantes, certains bénéficient de belles miellées, tandis que d’autres font encore des essaims… c’est votre rubrique « L’API DU MOIS ».

Pour résumer ce printemps, le nord de la France a connu des montées de miels exceptionnelles. Pour le sud, il a fallu selon les secteurs, nourrir de près les colonies au sirop, voir au candi en montagne !

Les apiculteurs pouvant faire des essaims encore tardivement ou des changements de reines profiteront de ces quelques conseils sur l’introduction de reine.

Le remplacement des reines

Une bonne reine, avec gage de production d’abeilles et donc de rentrées de nectar, demandera un remplacement des plus anciennes du cheptel. La ponte d’une reine diminue chaque année. En général, au bout de 4 ans, les reines ne pondent plus que des mâles : on a une ruche dite bourdonneuse.

Il peut y avoir deux façons pour changer les reines.

La première est de réaliser des essaims artificiels pour limiter le risque d’essaimage (cf. l’API du mois d’avril) et de cette façon, renouveler la génétique sur le rucher.

La seconde est de changer directement la reine de la ruche.

Le faire à cette époque de l’année permet d’hiverner des populations avec beaucoup d’abeilles.

L’introduction de reine fécondée sera nettement plus facile et mieux acceptée qu’avec une reine vierge.

Méthodes

Pour ce faire, il vous faudra d’abord chercher la reine à remplacer pour la supprimer par écrasement (conseil : vous pourrez la frotter contre la cagette d’introduction pour confondre les phéromones et permettre une bonne acceptation). Soit vous introduisez votre nouvelle reine fécondée 1 ou 2 heures après, soit vous posez la cagette tout de suite. Cette dernière sera délivrée de son opercule (cas de la cagette jaune Nicot), bouchée par du candi, laissant la reine et ses accompagnatrices prendre contact avec le reste de la colonie.

A noter que si une grappe d’abeilles vient se former au-dessus de la cagette dans les 15 – 30 min après l’opération, c’est généralement signe d’une bonne acception à contrario d’une cagette délaissée. Si c’est le cas, c’est très certainement qu’il y a déjà une reine, peut-être vierge, suite à un essaimage. On peut remarquer ce délaissement par l’obstruction de la cagette par de la cire.

Vous positionnerez cette cagette sur le dessus des cadres où se trouve la grappe, au centre. Vous placerez pour finir un nourrisseur retourné pour créer un espace autour de la cagette avant de mettre le toit.

Vous avez la possibilité de préparer votre essaim une semaine avant – comme dans le cas de la création d’un essaim artificiel – pour y introduire la reine fécondée. Dans ce cas, les abeilles auront déjà créé des cellules royales. Il faudra les détruire (signe d’élevage naturel) pour ensuite placer la cagette comme ci-dessus.

Certains vous conseilleront d’enlever les accompagnatrices de la cagette pour n’y laisser que la reine. Ces abeilles seraient gorgées de phéromones, diminuant les chances d’acceptation.

Une fois la reine libérée, dans les semaines qui suivent, vous vérifierez sa présence et contrôlerez la ponte. Pour mieux la repérer, vous pouvez la marquer avec la couleur correspondante à la saison apicole comme ci-dessous :

Bleu, pour les années terminant par 0 ou 5.

Blanc, pour les années terminant par 1 ou 6.

Jaune, pour les années terminant par 2 ou 7.

Rouge, pour les années terminant par 3 ou 8.

Vert, pour les années terminant par 4 ou 9.

Enfin, ayez en tête que toutes les introductions ne fonctionnent pas à 100%, il y souvent des remérages. Changer la reine permettra d’apporter du neuf sur le rucher, génétiquement et en dynamisme.

Finissons par une petite info sur notre exploitation, LES RUCHERS DE MATHIEU …

C’est à l’âge de 12 ans que je suis tombé dans les abeilles, par hasard, sans approche dans la famille. Pour mieux approcher l’apiculture, j’ai effectué des stages chez des professionnels, et suivi une formation au sein du syndicat d’apiculture de la région. J’ai ensuite eu l’opportunité de prendre les cours en mains, sur la théorie et la pratique, avant d’en assurer le suivi en tant que secrétaire formation du syndicat.

De nombreuses portes ont continué à s’ouvrir par la suite, comme la création de ma propre entreprise à 14 ans… à découvrir une prochaine fois !

En vous souhaitant de bonnes miellées avec le tournesol & Cie,

On se retrouve très vite pour le nouvel API du mois !

LES RUCHERS DE MATHIEU

Photos ©lesruchersdemathieu

Working bee