L’API du mois

Mathieu DOMECQ
Rédacteur en chef de l’API du mois

Votre partenaire apicole API, du groupe Südzucker, se joint à moi pour vous présenter votre nouvelle rubrique « L’API DU MOIS ». Chaque mois, je partagerai avec vous quelques expériences apicoles pour prendre un temps d’avance sur vos ruchers !

Malgré un contexte sanitaire difficile qui nous touche aujourd’hui, le COVID-19 ne nous empêche pas d’aller sur nos ruches et de prendre soins de nos abeilles tout en restant quelques mesures de bon sens. Munissez-vous de votre attestation de déplacement professionnel ainsi que de votre déclaration de ruches (avec ses différents emplacements mentionnés).

Pour mieux se connaître, je suis Mathieu DOMECQ – apiculteur et formateur – installé dans le sud de la France à Lavaur (proche de Toulouse). Mon exploitation : Les Ruchers De Mathieu.

« C’était bientôt le 12 juin 2013 : j’allais avoir 12 ans.

    A la recherche du cadeau idéal, je me promenais dans les allées d’une jardinerie, lorsque je tombai en arrêt devant le rayon apicole. […] Là, un déclic ! Comme un coup de foudre ! Je tenais mon bonheur : je voulais une ruche. […] Suite à mon anniversaire, j’ai pu préparer, installer au fond du jardin et peindre de couleur violette la ruche au toit « chalet de montagne » que j’avais choisie. J’étais ravi et je savais que ce n’était pas un caprice d’enfant ou une lubie… mais une projection sur l’avenir. Je pensais m’en tenir à deux ou trois ruches.

    Cinq ans après, j’en ai quarante… »

Extrait de mon livre La passion d’un jeune apiculteur, aux éditions Syndicat National de l’Apiculture (96 pages).

A la suite de ces débuts prometteurs où j’avais trouvé là une passion, je me suis installé au service de l’apiculture en proposant aujourd’hui, des stages d’initiations, parrainer une ruche, notre miel et ses produits, des essaims, ainsi que du matériel en tant que fournisseur apicole.

Parallèlement, vous êtes 2 millions à avoir visionné notre vidéo avec un célèbre YouTubeur : Attaqué par 50 000 abeilles !!

Pour moi la sensibilisation et le partage est essentiel ! C’est pour cela que suis activement engagé dans un syndicat et rucher-école mais aussi aux côtés d’entreprises – comme les laboratoires Pierre Fabre, Véolia, Delagnes, des écoles, etc. – en installent des ruches sur leurs sites.

Désormais, c’est avec la marque API du groupe Südzucker et vous que nous commençons une nouvelle aventure !


Parlons peu, parlons apiculture ! Le mois d’avril se caractérise généralement par la forte croissance des colonies, provoquant un essaimage de masse. C’est ce à quoi on peut s’attendre avec les fortes températures et les floraisons anticipées que nous connaissons. L’essaimage est un risque de perte pour la production de miel. Nous pouvons l’éviter en réduisant l’impact ou en l’accompagnant.

Il s’agit d’un phénomène naturel à la base de la survie et de la perpétuation de l’espèce que l’apiculteur débutant oublie souvent, ou se fait surprendre rapidement ! Toutes les colonies n’essaiment pas avec la même vigueur ou en même temps. Les causes sont multiples mais, souvent maitrisable pour éviter d’en arriver à ce que l’on appelle « la fièvre de l’essaimage ».

La fièvre de l’essaimage est le moment où une alvéole érigée en cellule royale est operculé. Une reine va y naître.

Quels paramètres entrainent l’essaimage ? 

Ce phénomène est tout autant lié à des caractéristiques de la reine, de sa colonie qu’à l’environnement :

La génétique à une grande importance. Elle est très souvent recherché par les professionnels pour obtenir des reines productives, rigoureuses, calmes, nettoyeuses ou encore résistantes aux maladies. Ces qualités sont suivies par l’apiculteur pour multiplier ses souches selon ses propres attentes grâce à l’élevage de reines (greffage des larves). Noter que certaines races comme la Buckfast ont tendance à essaimer plus facilement par exemple.

Son âge qui joue aussi un rôle important. Plus la reine vieillit, moins elle dégage de phéromones (odeur propre à la colonie) et surtout, moins elle possède de spermatozoïdes pour pondre. Vous pouvez faire le choix de ne pas changer vos reines et laisser la nature rémérer toute seule. Néanmoins, au bout de 2 ou 3 ans vous verrez votre colonie devenir de moins en moins productive notamment en observant un couvain dit « mosaïque » avec des alvéoles vides, clairsemées partout sur la cadre. Une jeune reine peut pondre facilement 2 000 œufs par jour et plus que 800 ou 1 000 l’année suivante. C’est autant de butineuses en moins à terme dans la ruche.

Les floraisons accentuent la cause. En effet, une source importante de nectar comme l’arrivé des champs de colza est souvent facteur d’essaimage. Cela entraine un stockage massif de réserves faisant obstruction à la reine qui ne peut plus pondre. Il est alors nécessaire de poser les hausses ou de diviser les colonies.

Comment produire des essaims ?

Vous trouverez de nombreux articles, vidéos ou livres (comme Élever ses reines écrit par Jean Riondet – Edition Ulmer) concernant les méthodes de divisions pour augmenter votre cheptel. En voici un exemple que je pratique sur mes ruches :

Vous disposez d’une ruche Dadant 10 cadres populeuse, prête à essaimer, avec au moins 5 cadres de couvain. A côté vous avez prévu une ruchette (voir une ruche) et deux partitions isolantes.

Il suffira de prélever 3 cadres avec abeilles de la ruche mère (sans forcément repérer la reine) :

– un cadre avec du couvain ouvert (pour l’élevage avec ses nourricières) en distinguant si possible des œufs.

– un cadre de couvain fermé (pour renouveler la population).

– un cadre de provisions avec du miel et du pollen.

Vous placerez ces 3 cadres dans votre ruchette en intégrant des deux côtés la partition. Vous pouvez refermer la ruchette. Les cadres manquant à la ruche mère seront complétés avec de nouveaux cadres cirés.

Ensuite, vous installerez la ruchette à l’emplacement de la ruche mère pour faire rentrer les butineuses. La ruche mère sera, elle, emmenée à plus de 3km ou enfermée au garage pour 48/72 heures. Pendant ce temps, les deux colonies seront nourries au sirop APIINVERT (2,5kg).

La colonie orpheline lancera un élevage de reines pour sa survie. Vous ouvrirez alors la ruche et la ruchette pour distinguer l’éleveuse des deux : 13 jours plus tard, la nouvelle reine sera née et ira se faire féconder.

Vous obtenez ainsi facilement avec le moins de matériel possible une nouvelle colonie !

A noter qu’avec cette pratique il est tout de même préférable de repérer la reine et de la laisser dans la ruche mère, auquel cas vous ne l’enfermerez pas au garage mais replacée sur votre rucher.

Vous pouvez également introduire une cellule ou une reine fécondée dans la ruche orpheline pour gagner du temps sur l’élevage.

Enfin, notez quelques points essentiels pour éviter d’être surpris par l’essaimage :

– Toujours donner de l’espace de construction aux ouvrières en posant une ou plusieurs hausses et en suppriment les partitions.

– Leurs proposer 1 ou 2 nouveaux cadres de corps (ciré complètement ou en amorce) pour les inciter à utiliser leurs glandes cirières. En plus, cela renouvellera la ruche pour éviter les maladies.

– Disposer d’un environnement propice aux abeilles avec une abondance de fleurs. Malheureusement nous l’oublions souvent mais il faut 21 millions de fleurs par jour et par ruche pour satisfaire correctement ses besoins ou encore quatre sources de pollens différentes !

En vous souhaitant une bonne saison apicole,

On se retrouve le mois prochain pour la nouvelle API du mois !

Working bee