Pourquoi une telle disparité entre ruches ?
Tout apiculteur a déjà été confronté à ce spectacle saisissant : au sein d’un même rucher. En effet, alignées côte à côte sous le même climat, deux ruches peuvent afficher des développements radicalement différents. L’une déborde d’activité, les hausses s’empilent et les abeilles l’investissent avec une énergie débordante. L’autre, plus discrète, semble stagner, peinant à se développer.
Pourquoi une telle disparité ? Qu’est-ce qui fait la force ou la faiblesse d’une colonie ? La nature et la main de l’apiculteur entrent ici en jeu.
Les raisons de cet écart peuvent s’expliquer par les point suivants :
La génétique
Chaque ruche est unique, et cela commence par la reine. Selon sa lignée (qu’il s’agisse d’une Buckfast, d’une Abeille Noire, d’une Carniole ou d’une Italienne), les traits de comportement varient drastiquement.
Certaines reines ont une capacité de ponte phénoménale et précoce, tandis que d’autres démarrent plus lentement en début de saison. Certaines génétiques sont plus résistantes aux maladies, évitant des arrêts dans le développement.
Les réserves de nourriture
Pour qu’une reine ponde massivement, elle doit se sentir en sécurité. Et la sécurité se mesure par la quantité de nourriture stockée dans la ruche. Pour une bonne ponte, l’apport de pollen frais est important. C’est la source exclusive de protéines servant à nourrir le couvain.
C’est un cercle vertueux. Si la colonie dispose de réserves en miel et pollen, la reine reçoit le signal de pondre avant les grandes miellées. A l’inverse, les butineuses ne seront pas prêtes à temps et vous passerez à côté de la récolte.

Les butineuses
On sait qu’il faut 21 jours pour qu’un œuf d’ouvrière devienne une abeille adulte, puis encore 21 jours de vie à l’intérieur de la ruche pendant lesquels cette abeille passe par tous les métiers internes (nourrice, maçonne, gardienne) avant de devenir butineuse.
L’apiculteur peut donc anticiper. Pour que la ruche détienne suffisamment de butineuses lors de la prochaine miellée, il faut que la colonie soit active au moins 6 semaines avant : 21 jours pour la naissance + 21 premiers jours de vie.
Face à une floraison intense mais courte, une ruche faible passera son temps à élever du couvain plutôt qu’à récolter. Résultat : la miellée passe, et la hausse reste vide. À l’inverse, une ruche forte (populeuse au bon moment) déploiera une armée de butineuses !

Gestion de l’espace
L’une des plus grandes erreurs en apiculture est de voir trop grand, trop tôt. Une colonie d’abeilles a besoin de maintenir le cœur du couvain à une température constante d’environ 35°C. Pour cela, les abeilles doivent chauffer l’espace.
Un jeune essaim installé sur quelques cadres dans une grande ruche va s’épuiser à essayer de chauffer le vide. La partition isolante est indispensable. Réduire l’espace au strict volume occupé par les abeilles l’aide à concentrer sa chaleur. L’énergie économisée à chauffer est alors investie dans l’élevage et l’agrandissement de la colonie, petit à petit.
Poser une hausse trop tôt est un piège classique. Si vous offrez un étage supplémentaire à une colonie qui n’est pas assez populeuse, toute la chaleur va monter dans la hausse. Le couvain en dessous va refroidir, son développement va ralentir, et la ruche sera littéralement bloquée. La hausse ne doit être posée que lorsque tous les cadres de corps sont pleins.

Pour avoir une colonie forte, il faut donc l’aider à se construire. Vous devez faire preuve d’observation et de suivi régulier, malgré la météo qui reste un facteur clé que nous ne pouvons pas contrôler !
Comme d’habitude, partagez-nous vos photos : on les publiera sur notre site depuis les réseaux sociaux avec le hashtag : #apifonda #apiinvert !
On se retrouve dès le mois prochain sur votre blog API avec votre fidèle partenaire, Les Ruchers De Mathieu !

LES RUCHERS DE MATHIEU
Miellerie & Magasin d’Apiculture
Photos ©lesruchersdemathieu